Le système tonal majeur ou mineur est un système mélodico-harmonique organisé autour d'une tonique.D'où la notion de tonalité.
Pratiquement tout les systèmes musicaux définissent une importance des degrés.Certains aurons plus de poids que d'autres.Le plus important est bien sur la tonique.C'est la note de référence.Elle est le point de départ
et d'arrivée.Ceçi n'est valable que pour le système qui nous intérésse içi, Le système tonal en tant que système mélodico-harmonique, d'autres systèmes n'utilisent pas la tonique comme référence, la musique indienne par exemple ou les musiques occidentales, çelle là, mais atonales et d'autres.
Le système tonal est rigoureux et suit des règles bien définies avec une relation des degrés hiérarchisée.Chaque accord à un rapport direct avec la tonique.
Le système tonal défini une importance entre les degrés
de la gamme.les degrés I IV V, (les degrés du blues…), sont des degrés dits forts, les plus importants de la tonalité.Ce sont les DEGRES TONAUX.
Petit rappel théorique : Le degré I est la tonique, le IV la sous dominante, le V la dominante.
Les degrés dits faibles sont les II, III, VI et VII.Ces degrés sont les DEGRES MODAUX.Ceux dont on se servira pour improviser sur les grilles modales.
remarque : le jazz à introduit le degré II en tant que sous-dominante.Les musiciens classiques suivent la progression IV V I les jazzmens, la progression II V I.
L'équivalence des accords explique facilement cette particularité.
La tonalité est représentée par la cadence parfaite.Elle est la base, le ciment de la tonalité, du système mélodico-harmonique majeur ou mineur.En lui joignant le degré IV on défini parfaitement la tonalité.
Remarque : on défini souvent la fondamentale comme étant une autre appellation de la tonique.C'est un raccourci.Cette dernière est la base de la tonalité, la
fondamentale est la note qui donne son nom à un accord.
La cadence V I est donc le ciment de la tonalité, cette progression posséde un intervalle particulier, le triton.Cet intervalle est caractéristique d'un accord de dominante.Il est particulièrement dissonant et instable.
Voyons sa résolution : 
Le triton est matérialisé par l'intervalle entre le si et le fa de sol7.La résolution du si se fait sur le do de do7M et le fa résoud sur le mi.L'enchainement de ces simples notes suffit à définir sans ambiguïté la tonalité, c'est sa signature.
Harmoniquement, les accords I7 et IV7 ne sont pas des accords de dominantes.Le triton sur ces deux accords n'est pas une dissonance et est considéré comme stable.
Rappel : le triton est dissonant dans un contexte diatonique et neutre dans un autre contexte.
De plus amples explications sur les pages blues.
Exemple d'une grille tonale :
| lab7M | fam7 | sibm7 | mib7 |
Nous avons là quatre mesures d'une grille tonale.L'accord lab7M nous indique que nous pourrions être en lab majeur.Mib7 le confirme.La progression est donc en lab.Le centre tonal est défini par l'accord lab7M, la résolution, l'appaisement.Si l'on continue la grille en lui ajoutant des modulations, quelle que soit leurs nombres, on retombera invariablement sur lui. Cette simple progression pourrais d'ailleurs parfaitement en boucle.Ecoutez le son de cette progression et essayez d'entendre la sonorité induite par chaque changement d'accord, notamment celle lors du passage de mib7 à lab7M.La sensation de repos se fait clairement sentir sur lab7M, centre tonal.Cette grille est on ne peut plus tonale, déstabilisons là avec une insertion modale.
| lab7M | fa7 | sibm7 | mib7 |
Içi l'insertion modale se fait avec fa7.Cet accord est considéré comme un accord de dominante secondaire, voyez cette page pour plus de notions sur les dominantes secondaires, et introduit une modulation passagére.Sibm7 est considéré comme centre tonal temporaire et fa7 est sa quinte, nous sommes donc en sib mineur harmonique et le mode de référence sur fa7 est le cinquième de sib mineur harmonique soit le mode mixolydien9-/13-.L'incursion modale permet de booster la dynamique "prévisible" de la progression originale.Cette dernière ne perd pas sa qualité tonale mais la sonorité se trouve changé et donne au soliste un outil supplémentaire pour s'exprimer.Le système peut être encore plus poussé, consultez les pages traitant de l'anatole et celle des substitutions pour plus de détails.
Remarque : si fa7 est traité avec la gamme mineure harmonique il n'en est pas de même pour sibm7.Le cheminement tonal reprend ses droits et le mode dorien conviendra à sibm7, accord II.
Nous avons donc deux notions, la tonalité et l'incursion modale au sein d'un morceau tonal.La mesure de fa7 est la seule qui puissent être traiter avec un mode au sens strict.
Le mode dorien n'est pas utilisé au sens harmonique
du terme, on ne jouera pas un accord de m13 au sein d'une grille tonale, m9 ou m11, ok, mais pas de treizième.Hors, il se trouve que la treizième est la note caractéristique du mode dorien.Pour une incursion modale, c'est au soliste de faire sonner la treizième.
Sur un accord V7 qui résoud, ce qui est le cas içi, il est possible, pour déstabliser
encore un peu plus la progression, d'altérer l'accord de dominante.en fait, à l'écoute, on se rend compte que la sonorité altérée de l'accord de dominante, sol9-/11+, par exemple, renforce la tonalité.En effet, les tensions induites par l'accord V ainsi altéré sont résolus avec l'arrivée sur l'accord I.Toutes ses notions sont abordées en détails sur les pages en rapport, n'hésitez pas à les consultées.
Un autre exemple en mib majeur avec modulation en do majeur.
Ces quelques mesures sont en mib majeur jusqu'à la mesure 5 avec les degrés VI, II, V, I, IV.Ces degrés sont contenus dans la gamme de mib.Aucune insertion modale, tout les accords suivent une logique harmonique défini par la tonalité elle même défini par les accords I et V.Le sol7 introduit un changement de tonalité, nous sommes maintenant en do majeur, sol7 est la dominante de do majeur.Sol7 étant un accord résolu, cet accord est altéré en suivant le mode altéré, septième mode de la gamme mineure mélodique. Il s'agit là d'une incursion modale, écoutez bien ces deux mesures.On entend bien le changement de tonalité en arrivant sur do7M.Sur sol7, malgré que cet accord ne fasse pas partie de mib majeur le changement de tonalité, à l'oreille, n'est pas flagrant, par contre en arrivant sur do7M on à changer de tonalité, c'est sur.Ceçi s'explique par le fait que la seule note qui change par rapport à mib majeur, c'est le si. Toutes les autres notes sont comprises dans la gamme de mib.Transition douce!écoutez ce passage et ouvrez cette page pour le thème complet.
Un autre exemple plus complet, basé sur une grille blues en do mineur.Tantôt tonal pur, tantôt modal(incursion…), approche chromatique d'accords, accords enrichis ou simples, triades…etc.Le tout, façon chordmélody.
L'harmonie modale supprime les notions de cadences parfaite(V I), cette cadence est nous l'avons vu, une cadence tonale, les accords de tensions au profit des accords II, III, VI.
Les accords ne sont plus utilisés pour leurs fonctions tonales mais plutôt pour leurs couleurs.En régle générale, les grilles sont plus aérées et les accords durent plus longtemps, ce qui permet de dévelloper les modes correspondants, ce qui n'est pas possible sur une grille tonale.
Il est possible d'harmoniser les modes de la même façon que les gammes.La seule différence c'est que l'on évitera les accords contenant des tritons.L'évitement des tritons trouve son origine dans la musique médiévale chrétienne, à l'époque cet intervalle était considéré comme, "diabolus in musica".diabolus parce que l'église de l'époque édicté ses lois et ne supportait pas cette sonorité.Aujourd'hui, les choses ont beaucoup évoluées mais les modes conservent cette caractéristique.voyons comment harmoniser les modes.
Exemple sur re dorien : 
Remarque : le mode ionien, les gammes mineures mélodiques et harmoniques ne sont pas utilisés à cause de la cadence V I qui les caractérisent.Le degré VII est le plus souvent écarté en raison de sa quinte diminuée.
| dorien | caract. | ||||||
| notes | do ré mib fa sol la sib | la | |||||
| accords | dom7 rem7 mib7M fa7 solm7 X sib7 | ||||||
| phrygien | caract. | ||||||
| notes | do réb mib fa sol lab sib | reb lab | |||||
| accords | dom7 reb7M mib7 fam7 X lab7M sibm7 | ||||||
| lydien | caract. | ||||||
| notes | do ré mi fa# sol la si | fa# | |||||
| accords | do7M re7 mim7 X sol7M lam7 si7 | ||||||
| mixolydien | caract. | ||||||
| notes | do ré mi fa sol la sib | fa | |||||
| accords | do7 rem7 X fa7M solm7 lam7 sib7M | ||||||
| aéolien | caract. | ||||||
| notes | do ré mib fa sol lab sib | lab | |||||
| accords | dom7 X mib7M fam7 solm7 lab7M sib7 | ||||||
| les 12 premières mesures | |||
| sim7 | sim7 | sim7 | sim7 |
| sib7M | sib7M | sib7M | sib7M |
| la7 | la7 | la7 | la7 |
| sol7M | sol7M | sol7M | sol7M |
Çà change tout.Non? il est clair que la logique harmonique tonale à disparue.Aucun accord n'à de rapport harmonique l'un avec l'autre.Enfin pas tout à fait, sim7 et sol7M se retrouve dans la même gamme.
Sur cette grille, il sera possible de jouer :
Si dorien sur sim7, sib lydien sur sib7M, la mixolydien ou la bartock ou les deux sur la7 et sol lydien sur sol7M.
Pour jouer les différents modes, il est préférable d'amener les modulations par le biais des notes dites modulantes, c'est à dire les notes qui ne sont pas communes aux deux modes.Un exemple :
Si dorien : si do# re mi fa# sol# la sib lydien : sib do re mi fa sol la
Les notes modulantes sont assez nombreuses, sib do fa et sol, çà facilite le travail.
Il faudra donc tenter d'approcher ces notes pour passer de façon fluide d'un mode à l'autre.Pour arriver sur le mode lydien
toutes les notes sont envisageables car c'est un mode qui ne comprend pas de notes à éviter.La tierce, la septième, sont les notes clès communes aux deux accords et il est possible d'utiliser cette particularité si les notes marquant la différence de mode sont aussi jouées.
Deux fichiers d'exemples : grille modale grille tonale. le début : la théorie des modes cadences modales